Le léopard des neiges (Uncia uncia) est l'une des espèces animales les plus belles et les plus menacées de la planète. Réfugié dans les montagnes de l'Asie centrale, il vit en vase clos et on ne le voit que très rarement. Son pelage gris et blanc, mélangé de rosettes gris foncé, se confond bien avec le paysage rocheux qui lui sert d'habitat.
Cependant, cette fourrure a également contribué à son statut d'espèce menacée. Dans les années 1920, les peaux de léopard des neiges étaient la grande mode, et près de 1000 peaux étaient exportées chaque année d'Asie et de Russie. Le commerce des peaux, quoique interdit, se poursuit illicitement, notamment dans les pays qui n'ont pas pu se remettre de l'effondrement de l'Union Soviétique. Une autre menace liée au braconnage vient de faire surface : le commerce des os. Les os de tigre se faisant rares, les médecines traditionnelles asiatiques ont recours à des succédanés. On rapporte qu'un squelette complet de léopard des neiges a été vendu à 10.000 dollars US.
Le braconnage constitue, certes, un problème, mais la plus importante menace liée à la protection du léopard des neiges est le conflit avec les bergers et les populations nomades. Les moutons et chèvres sauvages constituent les principales proies du léopard des neiges. Ces animaux ont été chassés jusqu'à leur disparition de plusieurs zones montagneuses de l'Asie centrale, tandis que la croissance démographique et celle des troupeaux de bétail exercent une pression accrue sur les populations restantes de léopards des neiges et sur leurs proies. Cette situation ne fait qu'accroître les conflits entre léopards des neiges et populations locales. Conflits à l'issue desquels le félin sort perdant.
Les populations nomades et les bergers dans les Montagnes d'Altai cohabitent avec quelque 700 léopards des neiges. Leur mode de vie traditionnel est resté intact pendant des centaines d'années, basé sur l'élevage des chameaux, des chèvres et des moutons pour la laine et les peaux. Ces produits étaient vendus comme matières premières dans les marchés locaux grâce aux marchands itinérants.